CBG : c'est quoi, effets et différence avec le CBD ?
Définition, origine, effets étudiés chez l'humain, différences avec le CBD, effets secondaires, formats et légalité : tout ce qu'il faut savoir sur le CBG, sources à l'appui.
Définition, origine, effets étudiés chez l'humain, différences avec le CBD, effets secondaires, formats et légalité : tout ce qu'il faut savoir sur le CBG, sources à l'appui.
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Le CBG, ou cannabigérol, est un cannabinoïde non psychotrope du chanvre. Il dérive de l'acide CBGA, la molécule dont la plante tire aussi le CBD et le THC. Les études suggèrent un effet sur l'anxiété et le stress, mais elles restent peu nombreuses. Comme le CBD, il est vendu en France si le produit contient au plus 0,3 % de THC.
Longtemps resté dans l'ombre du CBD, le CBG est désormais étudié pour lui-même. Ce guide fait le point sur sa définition, son origine, ses effets étudiés, ses différences avec le CBD et son cadre légal.
| Critère | CBG (cannabigérol) | CBD (cannabidiol) |
|---|---|---|
| Origine dans la plante | Forme neutre du CBGA, le précurseur commun | Forme neutre du CBDA, lui-même issu du CBGA |
| Teneur dans le chanvre courant | Faible, sauf variétés sélectionnées | Cannabinoïde majoritaire des variétés de chanvre CBD |
| Effet psychotrope | Non : pas d'ivresse ni d'altération mesurée[4] | Non : pas d'effet psychotrope |
| Récepteurs étudiés | CB2 (agoniste partiel), α2-adrénergique, 5-HT1A[1] | Profil de récepteurs différent, étudié depuis plus longtemps |
| Recul scientifique chez l'humain | Très limité : un essai contrôlé, une enquête | Bien plus large |
| Sportifs soumis à l'antidopage | Interdit, comme les autres cannabinoïdes[7] | Seul cannabinoïde autorisé[7] |
CBG est l'abréviation de cannabigérol. C'est l'un des nombreux cannabinoïdes, ces composés que le chanvre (Cannabis sativa) fabrique dans ses trichomes, les petites glandes résineuses qui couvrent les fleurs. Les plus connus sont le CBD et le THC ; le CBG fait partie de ceux que l'on appelle « mineurs », parce qu'ils sont présents en petite quantité.
Le CBG ne fait pas « planer ». Dans l'essai contrôlé publié en 2024, les participants n'ont rapporté aucun effet subjectif de drogue, et leurs performances aux tests d'altération n'ont pas différé de celles obtenues avec le placebo[4].
Le précurseur du CBG est l'acide cannabigérolique, ou CBGA. Les auteurs d'une enquête de 2022 le décrivent comme le composé parent des cannabinoïdes les plus connus, parfois surnommé « la mère de tous les cannabinoïdes »[2].
Dans la plante, des enzymes spécialisées transforment le CBGA en d'autres acides : la CBDA synthase produit le CBDA, la THCA synthase le THCA, et une troisième enzyme le CBCA[1]. Ces acides perdent ensuite un groupe carboxyle sous l'effet de la chaleur ou du temps : c'est la décarboxylation. Le CBDA devient ainsi CBD, le THCA devient THC, et le CBGA qui n'a pas été converti devient CBG[1].
Notre article sur les différences entre CBD et CBDA détaille l'étape de décarboxylation, et celui consacré au CBC présente un autre cannabinoïde issu du CBGA.
Le CBGA étant presque entièrement converti en d'autres acides au fil de la croissance, les fleurs de chanvre ordinaires ne contiennent que de très faibles concentrations de CBG[2].
La situation a changé avec la sélection variétale. En croisant des plantes dont les enzymes de conversion sont peu actives, des producteurs ont obtenu des variétés qui accumulent la quasi-totalité de leurs cannabinoïdes sous forme de CBGA puis de CBG. Certains échantillons approchent ainsi 20 % de CBG, et des centaines d'hectares de ces variétés sont cultivés aux États-Unis, notamment dans l'Oregon[2].
Le corps humain possède un système endocannabinoïde, dont les deux récepteurs les plus connus sont CB1, très présent dans le système nerveux, et CB2, surtout présent dans les tissus périphériques et les cellules immunitaires.
Le CBG se lie au récepteur CB2, sur lequel il se comporte comme un agoniste partiel : il l'active, mais moins fortement que l'activateur naturel. Son action sur CB1 est bien plus faible[3]. Une revue de 2024 recense aussi une forte affinité pour les récepteurs α2-adrénergiques, une action opposée sur les récepteurs de la sérotonine 5-HT1A, ainsi qu'une activité sur plusieurs canaux TRP et sur le récepteur PPARγ[1].
L'étude la plus solide à ce jour a été publiée en juillet 2024 dans Scientific Reports. Trente-quatre adultes en bonne santé ont reçu, à une semaine d'intervalle, 20 mg de CBG puis un placebo, ou l'inverse, sans savoir lequel[4].
Les auteurs soulignent eux-mêmes les limites : un petit groupe de consommateurs de cannabis expérimentés, une dose unique et modeste, des mesures limitées à la première heure, et des comparaisons multiples non corrigées[4]. C'est un premier signal encourageant, pas une démonstration.
En 2022, une enquête a interrogé 127 personnes utilisant des produits à dominante CBG. Elles en faisaient surtout usage pour l'anxiété (51,2 %), les douleurs chroniques (40,9 %), la dépression (33,1 %) et le sommeil (30,7 %), et la plupart jugeaient leur état nettement amélioré[2].
Ce type d'étude repose toutefois sur des déclarations : les doses n'étaient pas connues avec précision, près d'un tiers des produits contenaient aussi du THC, et l'effet placebo ne peut pas être écarté. Les auteurs concluent qu'aucune conclusion ferme ne peut encore être tirée sur les effets du CBG chez l'humain[2].
La plupart des travaux sur le CBG ont été menés sur des cellules ou des animaux. Ils explorent son activité sur l'inflammation (dans un modèle de colite chez la souris), sur certaines bactéries dont le staphylocoque doré résistant, et sur des modèles animaux de maladies neurodégénératives[1]. Les auteurs de la revue de 2024 rappellent que les mécanismes et les effets à long terme restent à comprendre, et que la transposition à l'humain reste à établir[1].
Ces résultats ouvrent des pistes de recherche, sans permettre d'attribuer au CBG un effet sur une maladie : un produit au CBG n'est pas un médicament.
Les deux molécules ont beaucoup en commun : même plante, même précurseur, absence d'effet psychotrope, même seuil de THC pour les produits vendus. Elles diffèrent par leur abondance, le CBD dominant dans les variétés de chanvre CBD, par leurs cibles, le CBG activant partiellement le récepteur CB2 et les récepteurs α2-adrénergiques[1][3], et par le recul scientifique, bien plus large pour le CBD.
Il existe aussi une différence très concrète pour les sportifs : le Code mondial antidopage interdit tous les cannabinoïdes naturels et synthétiques, à la seule exception du cannabidiol[7]. Un athlète soumis aux contrôles doit donc éviter le CBG, comme les produits full spectrum qui associent plusieurs cannabinoïdes. Pour ces appellations, voir notre article sur le CBD full spectrum ou broad spectrum.
Dans l'essai de 2024, le CBG n'a pas augmenté la sécheresse buccale ou oculaire, la somnolence, l'appétit ni les palpitations par rapport au placebo[4]. Dans l'enquête de 2022, 44 % des répondants ne signalaient aucun effet indésirable ; les plus cités étaient la bouche sèche (16,5 %), la somnolence (15 %), l'augmentation de l'appétit (11,8 %) et les yeux secs (8,7 %)[2].
Les données de sécurité à long terme manquent encore. Par prudence, le CBG est réservé aux adultes, déconseillé aux femmes enceintes ou allaitantes, et il vaut mieux en parler à un médecin ou à un pharmacien si l'on suit un traitement. Pour le CBD, notre article sur les effets secondaires du CBD fait le point.
Le CBG se présente sous les mêmes formes que le CBD : fleurs de variétés riches en CBG, résines et pollens, huiles, et produits associant CBG et CBD.
Les fleurs de chanvre contiennent naturellement un ensemble de cannabinoïdes, dont le CBG, en proportions qui varient selon la variété. Notre sélection de fleurs de CBD, cultivées à partir de variétés de chanvre et conformes au seuil de THC, permet de découvrir ce profil complet.
En France, le CBG suit les règles applicables aux produits issus du chanvre. Les variétés cultivées et les produits qui en sont issus doivent présenter une teneur en THC au plus égale à 0,3 %, selon l'arrêté du 30 décembre 2021[5]. Le Conseil d'État a annulé, le 29 décembre 2022, l'interdiction de vendre les fleurs et feuilles brutes de ces variétés, en jugeant qu'elles ne peuvent pas être considérées comme des stupéfiants[6].
Deux limites s'appliquent. D'une part, aucun produit au chanvre ne peut revendiquer d'allégation thérapeutique, sous peine de sanctions pénales[5]. D'autre part, la MILDECA rappelle que le CBD et les autres cannabinoïdes n'ont pas d'historique de consommation alimentaire : les denrées qui en contiennent doivent être autorisées avant leur mise sur le marché[5]. Le point complet figure dans notre article CBD en France : où en est la loi en octobre 2026 ?
Sources consultées le 13/10/2026.
[1] Li S., Li W., Malhi N. K. et al. Cannabigerol (CBG): A Comprehensive Review of Its Molecular Mechanisms and Therapeutic Potential. Molecules, 20 novembre 2024.
[2] Russo E. B., Cuttler C., Cooper Z. D., Stueber A., Whiteley V. L., Sexton M. Survey of Patients Employing Cannabigerol-Predominant Cannabis Preparations: Perceived Medical Effects, Adverse Events, and Withdrawal Symptoms. Cannabis and Cannabinoid Research, 2022.
[3] Navarro G., Varani K., Reyes-Resina I. et al. Cannabigerol Action at Cannabinoid CB1 and CB2 Receptors and at CB1–CB2 Heteroreceptor Complexes. Frontiers in Pharmacology, 21 juin 2018.
[4] Cuttler C., Stueber A., Cooper Z. D., Russo E. Acute effects of cannabigerol on anxiety, stress, and mood: a double-blind, placebo-controlled, crossover, field trial. Scientific Reports, 13 juillet 2024.
[5] MILDECA. Le CBD. Mise à jour du 9 novembre 2023.
[6] Conseil d'État. CBD : annulation de l'arrêté interdisant la vente des fleurs et feuilles de cannabis sans propriétés stupéfiantes. 29 décembre 2022.
[7] Université allemande du sport de Cologne. S8 Cannabinoids. Liste des interdictions de l'Agence mondiale antidopage au 1er janvier 2026.
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